France: qu’il fait bon être dans le business de la cybersécurité

CyberAttaqueLes services de cybersécurité vont croître de 8 % à 10 % par an d’ici à 2017. Une manne pour IBM, Thales ou Capgemini.

Le crime ne profite pas qu’aux hackers… alors que le marché des services informatiques stagne, nombre de sociétés de conseil voient dans la cybercriminalité un nouvel eldorado. IBM, Steria, Capgemini, Atos… Tous surfent sur ce juteux créneau. De fait, les perspectives sont alléchantes. En France, le marché – services et logiciels compris – a pesé 1,3 milliard d’euros en 2013, soit une croissance de 8 % sur un an, indique la société de conseil PAC Online. Les logiciels ont généré un peu moins de 400 millions d’euros (+ 5,5 %) de recettes. « La croissance est plutôt faible, car le marché des antivirus est mature. Et il est de plus en plus difficile de faire payer le grand public pour ce type d’outil », explique Mathieu Poujol, de PAC Online.

L’infogérance en pointe

En revanche, de nouveaux logiciels, comme les outils de protection des identités ou de sécurisation des données, connaissent une croissance de 7 % à 10 %. Les entreprises, qui craignent les « menaces persistantes avancées » (« advanced persistent threats », ou APT), ces attaques par lesquelles les hackers s’infiltrent sans bruit dans un système avec l’objectif de dérober des informations bien précises, dépensent sans compter. « Il existe des outils de test qui identifient les failles dans les logiciels », indique le consultant de PAC Online. Et plus les logiciels sont complexes, plus ils s’accompagnent de services, commercialisés par Thales, Steria ou Orange Business Services, appelés pour « boucher les trous » des systèmes d’information. Ainsi, le marché des services de sécurité a-t-il crû de 9,5 % l’an passé, atteignant 900 millions d’euros. Principal gisement de croissance, l’infogérance de sécurité, qui consiste pour les entreprises à confier la surveillance de leurs réseaux à des tiers. « C’est ce qui a le plus de potentiel car c’est ce qui coûte le plus cher et qui demande de mutualiser les coûts », indique Mathieu Poujol. Tout le monde n’a pas les moyens de doter d’un « security operation center », un centre de surveillance informatique, où il faut employer a minima une vingtaine de personnes.

Poussé par l’infogérance, le marché du service de la cybersécurité devrait croître de 8 % à 10 % au moins jusqu’en 2017. « Ce sont les opérateurs télécoms, comme Orange, qui sont les mieux placés », affirme le consultant. Derrière, tout le monde se pousse. IBM a racheté l’an passé Trusteer, une société israélienne de détection des fraudes bancaires. Thales a récemment créé une entité dédiée, pesant 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Son concurrent Cassidian a acquis Arkoon. Et Capgemini a su mettre en avant sa filiale dédiée Sogeti, grâce à Luc-François Salvador, un officier de réserve au bras long.

Auteur: S. C., Les Echos
Source: http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0203324340121-la-cybersecurite-un-marche-juteux-qui-fait-des-emules-651507.php