Musique: les groupes pops font également de la stratégie

Internet Consensus 2012C’est une idée très astucieuse. Le site MusicMetric propose aux artistes de repérer les endroits dans le monde où ils sont le plus populaires, afin d’adapter leurs tournées. Plusieurs critères sont pris en compte, notamment les échanges sur les réseaux P2P. Une stratégie qui n’a pas échappé à Iron Maiden, un célèbre groupe de heavy metal britannique.

De tous les biens culturels qui sont échangés par les internautes sur le net, la musique fait clairement partie des contenus les plus prisés. Si l’industrie du disque cherche depuis des années la parade face au piratage, soit par l’offre légale (disparition des DRM, arrivée du streaming…) soit par l’arme juridique (actions en justice…), force est de constater que le téléchargement illicite reste très vigoureux.

Mais si les nouvelles technologies ont pu faciliter le piratage des œuvres, elles peuvent aussi s’avérer très intéressantes pour cibler plus finement le public. Comment ? En analysant les zones géographiques dans lesquelles le partage sur Internet est le plus actif. De cette façon, les artistes et les labels pourraient savoir plus précisément où faire un effort particulier.

Cette stratégie est notamment suivie par Iron Maiden. Comme le pointe Cite World, le groupe de heavy metal britannique exploite les données de MusicMetric pour mieux organiser ses tournées. Le site agrège en fait des informations très diverses (discussions sur les réseaux sociaux, partage de fichiers en P2P, ventes des plateformes légales, streaming sur Spotify) pour ensuite dresser une carte.

Ces indications ont permis à Iron Maiden de vérifier son succès en Amérique du Nord et en Europe, mais aussi de constater sa grande popularité en Amérique du Sud. Depuis, le groupe s’est rendu pour la première fois au Paraguay et a participé à un festival au Brésil. Et selon Cite World, Iron Maiden “a beaucoup mis l’accent sur ​​les visites d’Amérique du Sud au cours des dernières années“.

Évidemment, Iron Maiden n’ignorait pas l’Amérique du Sud avant MusicMetric. En outre, le site utilise des sources variées pour générer un aperçu de la notoriété internationale d’un artiste ou d’un groupe, et pas seulement des informations issues des échanges BitTorrent. Par exemple, Iron Maiden est très suivi sur Twitter par des usagers situés au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique et au Venezuela.

Cependant, c’est une adaptation très astucieuse au piratage. Un chanteur constate que ses albums sont particulièrement téléchargés dans tel pays ou telle ville ? Pourquoi alors ne pas programmer une ou plusieurs dates de concert près des pirates ? Car si la musique d’un artiste est fortement téléchargée, c’est qu’elle est au bout du compte appréciée par les internautes.

Rappelons par ailleurs que plusieurs études (voir notamment celles de Robert Hammon, du chercheur Patrick Waelbroeck, du laboratoire breton M@rsoin, ou même d’Hollywood) ont mis en lumière que ceux qui téléchargent sont aussi des clients réguliers et des participants fidèles lors des concerts.

Auteur: Julien L
Source: http://www.numerama.com/magazine/27889-comment-iron-maiden-tire-grand-profit-de-son-piratage.html