Des idées pour redresser l’industrie française

industrie francaiseLa compétitivité de l’économie française se dégrade depuis le début des années 2000.

Selon le rapport de COE-Rexecode, relatif à la divergence de compétitivité entre la France et l’Allemagne, « le coût horaire du travail dans l’industrie manufacturière a progressé de 28 % en France entre 2000 et 2007, contre, seulement 16 % en Allemagne. De plus, l’excédent brut d’exploitation de l’industrie manufacturière a progressé de 67 % en Allemagne et reculé de 14 % en France », durant cette même période.

Il est donc nécessaire et urgent de mettre en œuvre des mesures fortes de recalage des coûts industriels. Rappelons que la croissance du PIB a été nulle en 2012 et que, malgré quelque embellie dans les indicateurs économiques en juillet 2013 au niveau de l’Union européenne, la France entre « doucement » en récession, avec un déficit commercial que l’on n’arrive pas à endiguer.

L’industrie agroalimentaire, deuxième plus gros solde de notre commerce extérieur (9 milliards d’euros en 2012) est malade ; près de 4.000 emplois détruits en 2012 et probablement 5.000 au moins en 2013.

A partir de là, que faire pour redresser notre outil industriel et améliorer sa compétitivité ?

La réponse à cette question est de provoquer un choc de compétitivité immédiat et de toute urgence.

Comment ? Au plan européen d’abord, la BCE doit devenir un outil politique, au service de nos économies, en faisant, notamment, baisser l’euro.

Il faut, ensuite, réformer la taxation du travail et lutter contre la rigidité du marché de l’emploi.

Les marges des entreprises industrielles françaises sont parmi les plus faibles d’Europe, ce qui réduit leur capacité à investir, à innover et à monter en gamme, c’est-à-dire leur compétitivité. A partir de ce constat, il convient d’organiser un transfert vers la fiscalité de charges sociales pesant sur les salaires jusqu’à un niveau suffisant pour avoir un réel impact sur l’industrie.

Si l’on regarde, maintenant, la « compétitivité hors coût » : rappelons qu’elle désigne tous les autres facteurs que les coûts salariaux, pouvant avoir un impact sur les coûts de production.

Il y a d’abord l’outil industriel qui, dans certains cas, est devenu obsolète et dont il convient d’envisager le remplacement pour être plus compétitif. Il y a aussi la consommation énergétique des procédés de production qu’il faut s’attacher à réduire par tous les moyens, pour abaisser les coûts variables.

Enfin, il faut que l’outil de production ait un taux de disponibilité industriel le plus élevé possible.A titre d’exemple, rappelons qu’EDF a subi, en 2008, de lourdes pertes économiques, notamment en raison d’un taux de disponibilité de ses centrales en inadéquation avec les objectifs fixés.

De plus, il existe, dans ce contexte particulièrement difficile, une carte maîtresse, indispensable pour conduire une activité industrielle : la pratique de l’intelligence économique, étroitement associée à l’analyse et à la maîtrise des risques. C’est un remarquable outil de protection et de croissance pour toute entreprise, quelle que soit sa taille et quel que soit le secteur d’activité économique.

Sa mise en place permet de surveiller de près les domaines scientifique et technique, marketing, réglementaire, financier, sociétal, concurrentiel, c’est-à-dire tout ce qui gravite autour d’elle…

Reste, enfin, l’aspect énergie qui grève les coûts variables de notre industrie et, d’une façon plus générale, qui impacte lourdement sur l’économie nationale.

La France interdit, à ce jour, l’exploitation du gaz de schiste, contrairement aux États-Unis qui en ont fait un axe de compétitivité pour leur industrie. Celle-ci profite, aujourd’hui, d’un prix de gaz trois fois moins élevé qu’en Europe. Ne restons pas à la traîne, car l’enjeu économique est immense.

Les différentes actions rappelées ou préconisées ici doivent être engagées au plus vite si l’on veut redresser la compétitivité de notre industrie. Certes, certaines actions comme la mise en place du crédit d’impôt compétitivité ou la création de la BPI (Banque publique d’investissement) par le gouvernement sont des actions positives, mais largement insuffisantes au regard de la situation actuelle de notre industrie et du niveau de chômage induit.

Auteur: Claude Marty

Source: http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0202970634726-on-peut-redresser-l-industrie-francaise-voici-comment-598895.php?xtor=RSS-2130