Les services de renseignements francais sur le point d’être réformés

coordination-renseignement-franceAprès les failles de l’affaire Merah et les récents débordements autour du PSG à Paris, les services de renseignements sont sur le gril pour être réformés par le ministre.

Manuel Valls dévoilera demain ses «orientations» pour renforcer les services de Renseignement. Critiqués pour des «failles» dans l’affaire Merah ou pour ne pas avoir anticipé les violences lors du sacre du PSG le 13 mai, ces services de police vont être réformés pour «mieux se coordonner et coopérer».

Le ministre de l’Intérieur organise demain (17/06/2013) une «grand-messe» place Beauvau à laquelle assisteront quelque 200 policiers et gendarmes issus des directions placées sous sa responsabilité selon l’entourage du ministre ainsi que des syndicats.

Manuel Valls doit dévoiler ses intentions afin «de rendre plus efficaces» ces services. Mais le terrain est «glissant», ont confié différentes sources du Renseignement, et le ministre «avance prudemment» sur ce chantier. Alors que la «menace terroriste est prégnante en France» selon le ministre, la tension est montée d’un cran il y a quelques jours. Un jeune converti à l’islam a été écroué en mai après la violente agression d’un militaire à La Défense. Deux rapports parlementaires ont aussi été récemment rendus publics sur le sujet, consécutifs à l’affaire Merah où le travail de la Direction centrale du Renseignement (DCRI) est vertement critiqué.

L’équation est simple sur le papier pour le ministre, selon les sources : comment rendre plus efficace la DCRI, créée en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy avec le but à peine voilé d’en faire un FBI à la française, dans la lutte contre le terrorisme ? Comment articuler l’action du «renseignement de proximité» chargé notamment de surveiller les mouvements extrémistes montrés du doigt dans la mort début juin du jeune militant anti fasciste Clément Méric ? La DCRI (3 000 policiers), née de la fusion des Renseignements généraux (RG) et de la DST (contre-espionnage), n’a pas été remise en cause par le gouvernement actuel qui y a placé un homme de confiance, Patrick Calvar. Il a succédé au préfet Bernard Squarcini, un proche de Nicolas Sarkozy.

Mais la DCRI campe et se recentre sur son domaine de prédilection, le terrorisme, parfois «sans partage» selon un responsable policier. Et voit d’un mauvais œil l’arrivée, prônée par les parlementaires Manuel Valls, de linguistes, sociologues ou informaticiens pour la rendre plus performante et plus «branchée» sur les réseaux sociaux. Elle est chargée du contre-espionnage et du terrorisme, le renseignement plus traditionnel (mouvements sociaux, violences urbaines, détections de salafistes) étant assuré par les gendarmes et les policiers. Deux pistes de réforme apparaissent : créer une véritable direction du renseignement dit de proximité «sans recréer toutefois les RG» ou faire de la DCRI, une direction de plein exercice.

Une mission parlementaire, dans un rapport rendu public mi-mai, affirme que les services de Renseignement ont «raté» l’occupation d’une mosquée à Poitiers en 2012 par des Identitaires. Selon les rapporteurs, la DCRI avait «détecté» à l’époque une éventuelle action de ce groupuscule mais a considéré qu’il «ne relevait pas de son cœur de métier» et «n’a pas mis tous les dispositifs nécessaires» pour le parer, regrettent les députés. Pour les parlementaires, une partie de l’activité des «mouvements subversifs échappe à une surveillance étroite».

Auteur / Source: http://www.ladepeche.fr/article/2013/06/16/1651109-apres-l-affaire-merah-valls-reforme-les-services-de-renseignements.html