Le premier porte-avions chinois démarre ses essais en mer

Chine DrapeauCe navire, le deuxième de ce type pour la Chine, devrait être opérationnel en 2020. Pékin cherche à rattraper son retard militaire sur les États-Unis.

La Chine a franchi une nouvelle étape dans la montée en puissance de sa marine. Connu sous le nom «Type-001 A», le deuxième porte-avions chinois – et le premier entièrement conçu et fabriqué par le géant asiatique – a démarré dimanche ses essais en mer. Des images diffusées par les médias chinois montrent le navire, quittant le chantier naval de Dalian (dans le Nord-Est), puis, escorté par plusieurs bateaux militaires, se déplacer dans le brouillard, sous un ciel blanc. L’événement a donné lieu à un feu d’artifice, et le bâtiment, qui avait été mis à l’eau fin avril 2017, a fait retentir sa corne de brume, a relaté la presse nationale.

Cette sortie doit permettre de tester la fiabilité de ses équipements. Pékin ne dispose pour l’heure que d’un seul porte-avions opérationnel, le Liaoning, acheté inachevé à l’Ukraine en 1998, et dont la coque avait été produite dans l’ex-URSS. Le deuxième porte-avions, lui aussi à propulsion classique – et non nucléaire – ne devrait toutefois pas être opérationnel avant 2020, le temps de l’équiper et de l’armer. Plus avancé que le précédent, qui était surtout destiné à des exercices militaires – comme ceux qui ont eu lieu récemment en Mer de Chine du Sud et dans le détroit de Taïwan -, le nouveau navire est clairement destiné à aider le pays à défendre sa souveraineté maritime et ses intérêts, explique le China Daily, un quotidien d’État. Il pourra transporter 32 à 36 avions de combat Shenyang J-15, contre 24 pour le Liaoning, précise le Global Times, un autre journal proche du régime. La Chine s’appuie sur sa présence croissance pour appuyer ses prétentions territoriales en Mer de Chine méridionale. Pékin revendique la possession de la quasi-totalité de cette zone maritime. Mais plusieurs pays (Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei) affirment également leur souveraineté sur des îlots de la région.

Pékin, qui souhaite rivaliser à terme avec la marine américaine, investit massivement pour moderniser sa flotte et combler son retard. Fait loin d’être anodin, la deuxième puissance économique mondiale est entrée dans le club très fermé des pays capables de produire leurs propres porte-avions. Elle serait par ailleurs en train d’en construire un troisième, qui pourrait être doté d’un système de catapulte des avions – ce qui permettrait à ses chasseurs d’embarquer plus de missiles et d’effectuer des missions plus longues – selon des experts cités par la presse d’État. Le futur porte-avions pourrait même être à propulsion nucléaire, toujours d’après les médias chinois, alors que la propulsion diesel de ses bâtiments limite aujourd’hui le périmètre d’action de la Chine.

Le pays reste toutefois très loin derrière les États-Unis, qui disposent de onze porte-avions – tous nucléaires. Pékin, qui ne cesse d’augmenter son budget de Défense, a dépensé en 2017 un total de 151 milliards de dollars pour son armée, selon un rapport de l’Institut international pour les études stratégiques (IISS), basé à Londres. C’est quatre fois moins que les États-Unis (603 milliards). Mais nettement plus que l’Arabie saoudite (77), la Russie (61), l’Inde (53), le Royaume-Uni (51) ou encore la France (49).

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