Et si les auteurs des attentats de Bruxelles étaient…

Belgique DrapeauSoufiane Kayal alias Najim Laachraoui et Mohamed Abrini, pourraient bien être les auteurs des attentats de Bruxelles de ce matin. Ils sont toujours recherchés depuis les attentats de Paris du 13 novembre 2015. Commentaire de l’équipe Hashtagistan

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Son ADN a été retrouvé dans deux planques occupées par les commandos de Paris et sur plusieurs ceintures explosives. Agé de 24 ans, il était recherché depuis décembre sous le nom de Soufiane Kayal. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle décisif dans les attaques du 13 novembre.

Trois jours après l’arrestation de Salah Abdeslam à Bruxelles, l’enquête vient de franchir une nouvelle étape. L’ADN d’un certain Najim Laarchaoui a été retrouvé à plusieurs endroits-clé de la trajectoire des terroristes du 13 novembre. Dans un communiqué, le parquet fédéral belge a révélé que les traces de Laachraoui avaient été identifiées «dans la maison louée à Auvelais, ainsi que dans l’appartement de la rue Henri Bergé à Schaerbeek», deux lieux utilisés par les commandos pour préparer les attentats de Paris. L’ADN du suspect a également été retrouvé sur «du matériel explosif utilisé lors des attaques». Selon la RTBF, il s’agirait d’au moins deux ceintures d’explosifs, utilisées pour l’une au Bataclan, pour l’autre au Stade de France.

L’homme est toujours en fuite, tout comme Mohamed Abrini, l’homme filmé le 11 novembre au volant de la Clio noire louée par Salah Abdeslam. Il a été jugé par défaut en février à Bruxelles dans le procès d’une filière de recrutement de combattants pour la Syrie et une peine de 15 ans de prison a été requise à son encontre.

On sait encore peu de choses de Najim Laarchaoui: âgé de 24 ans, il aurait fait un séjour en Syrie en 2013. L’homme était jusqu’ici connu sous un faux nom, Soufiane Kayal, qu’il avait utilisé pour louer la maison d’Auvelais, près de Namur. C’est également le nom qu’il a donné le 9 septembre 2015, lorsqu’il a été contrôlé à bord d’une Mercedes de location à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam et de Mohamed Belkaïd. Également connu sous le nom de Samir Bouzid, ce dernier, Algérien de 35 ans, a été abattu par la police mardi à Forest lors d’une perquisition.

Najim Laachraoui et Mohamed Belkaïd ont vraisemblablement été en liaison téléphonique avec les commandos de Paris le soir du 13 novembre. Belkaïd serait le destinataire du message «On est parti, on commence», envoyé à 21h42 vers la Belgique par l’un des terroristes du Bataclan. Le 17 novembre, les deux visages de Belkaïd et Laachraoui avaient été captés par les caméras de surveillance d‘une agence Western Union, où la fausse carte d’identité du premier a été utilisée pour faire un virement de 750 euros à Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abdelamid Abaaoud.

L’artificier du 13 novembre?

Selon la RTBF, plusieurs éléments indiquent que Laachraoui pourrait être l’artificier des attentats de Paris. Il aurait des compétences en électromécanique suffisantes pour concevoir les explosifs sur lesquels son ADN a été retrouvé. Par ailleurs, la planque de Schaerbeek où il a séjourné serait le lieu où ont été confectionnés les explosifs utilisés en novembre. Selon la même source, il était connu des services belges et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis mars 2014.

En conférence de presse à Bruxelles lundi en début d’après-midi, le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw a déclaré au sujet de Laachraoui: «Nous n’avons pas encore de certitude sur sa véritable identité». Il a salué les «grands progrès» effectués cette semaine par l’enquête mais a souligné que d’autres individus devaient encore «être retrouvés pour s’expliquer».

Un nouvel appel à témoins, au nom de Najim Laachraoui, devrait être diffusé par le parquet fédéral et le juge d’instruction prochainement.

L’essentiel de ce qu’a dit aujourd’hui le procureur de Paris

Le procureur de Paris, François Molins, interrogé aujourd’hui sur le refus de Salah Abdeslam d’être remis à la France, a affirmé qu’il y avait «une forte attente de la justice française et des victimes» qu’il puisse être jugé en France. «Il y a une forte attente de la part de la justice française et surtout des victimes de pouvoir obtenir que Salah Abdeslam vienne s’expliquer devant des juges français», a déclaré M. Molins lors d’une conférence de presse à Bruxelles avec le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw. Mais, a-t-il ajouté, «il faut laisser le temps à la justice belge de respecter» les règles applicables au mandat d’arrêt européen. «Le délai butoir c’est trois mois», a-t-il rappelé.

«C’est en fait à Salah Abdeslam de décider: soit il consent et il peut être remis rapidement, soit il ne consent pas et il va appartenir aux juridictions belges d’apprécier si on se trouve face à des cas qui pourraient conduire à refuser la remise», a-t-il dit.

En France, il y a «actuellement 244 affaires en cours (enquêtes préliminaires du parquet et instructions cumulées) qui concernent judiciairement 772 individus mis en examen et placés en détention provisoire ou recherchés», a indiqué M. Molins.

Le procureur de Paris, contre lequel l’avocat de Salah Abdeslam souhaite porter plainte pour violation du secret de l’instruction en raison de ses déclarations samedi, s’est dit «très serein sur cette question». Il a rappelé que le code de procédure pénale français l’autorisait à rendre publics «des éléments objectifs tirés de la procédure».

Auteur: Claire Rodineau
Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/03/21/01016-20160321ARTFIG00228-attentats-de-paris-najim-laachraoui-le-dernier-complice-identifie.php