Les forces spéciales françaises libèrent un otage néerlandais

Pays BasLe Néerlandais Sjaak Rijke, retenu en otage par le groupe islamiste Aqmi depuis novembre 2011, a été libéré lundi à l’aube lors d’une opération des forces spéciales françaises dans l’extrême-nord du Mali.

Une opération des forces spéciales françaises

La libération de Sjaak Rijke a été annoncée dans la matinée du lundi 6 avril par le ministère français de la Défense. Selon son communiqué, “l’otage néerlandais Sjaak Rijke, enlevé à Tombouctou le 25 novembre 2011”, a été libéré lors “d’une action militaire conduite par les forces spéciales de l’armée française. Cette action de combat a permis la capture de plusieurs individus. M. Rijke a été évacué et mis en sécurité à Tessalit (…) il est sain et sauf.”

En déplacement à Izieu, dans le centre de la France, le président François Hollande a confirmé cette libération. “Il y a quelques heures, les forces spéciales françaises ont pu porter une attaque contre un groupe terroriste et ont pu non seulement neutraliser ce groupe, mais obtenir la libération, sauver donc, un Néerlandais”, a-t-il dit. “C’est une grande fierté” pour les forces françaises, a salué le chef de l’État.

Des “moyens d’infiltration assez sophistiqués”

Intervenant lundi soir sur la radio française Europe 1, le général Grégoire de Saint-Quentin, chef du Commandement des opérations spéciales (COS), a raconté les grandes lignes de l’opération. Selon lui, elle a été “précédée d’une phase de renseignement : localiser le campement sur lequel l’otage était détenu a été extrêmement long. Une fois qu’on a eu une bonne vision de ce qui était sur zone, on a déclenché cette action. L’otage était détenu dans un endroit loin de tout, dans une zone désertique (…) Il faut rester discret jusqu’à l’approche ultime. Cela a nécessité des moyens d’infiltration assez sophistiqués pour amener l’équipe d’assaut au plus près”.

La vingtaine de membres des forces spéciales s’est approchée, sous couvert de la nuit, mais “dans les dernières dizaines de mètres une équipe de sentinelles des preneurs d’otages a ouvert le feu sur nous. Nous avons engagé une riposte et tout de suite l’otage a été libéré”, a précisé le général de Saint-Quentin. “Ils ont tué deux preneurs d’otages, les deux autres se sont rendus et l’otage a été libéré. Tout ça s’est passé en quelques secondes”.

La fin de 1 224 jours de détention

Selon le général Grégoire de Saint-Quentin, Sjaak Rijke est “en bonne santé, mentale et physique. Il a réussi à garder le cap malgré 1 224 jours de détention, dans cet univers minéral dans lequel il n’y a pas un bruit”. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, a de son côté indiqué que l’ancien otage, un conducteur de train en vacances au Mali, recevait des “soins” et était entouré par des soldats néerlandais et du personnel de l’ambassade.

Le 25 novembre 2011, un groupe d’hommes armés avait fait irruption sur la terrasse d’un hôtel à Tombouctou et menacé un groupe d’Occidentaux. L’un d’eux, un Allemand, avait tenté de résister et été tué. Un autre, également allemand, était parvenu à se cacher. La femme de Sjaak Rijke, présente à l’hôtel, avait aussi réussi à échapper aux kidnappeurs. Le commando avait emmené son époux ainsi qu’un Sud-africain, Stephen Malcolm McGown, et un Suédois, Johan Gustafson, qui sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

En novembre 2014, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) avait diffusé sur internet une vidéo sur laquelle Sjaak Rijke s’exprimait à l’occasion de son 1 000e jour de détention. Il était accompagné sur ce film de Serge Lazarevic, otage français relâché peu après par Aqmi, en échange de la libération de quatre jihadistes emprisonnés au Mali.

Stephen Malcolm McGown et Johan Gustafson, les derniers otages d’Aqmi

Le Sud-africain Stephen Malcolm McGown et le Suédois Johan Gustafson, enlevés par Aqmi en même temps que Sjaak Rijke, sont toujours retenus en otages par le groupe jihadiste. “Nous savions de manière précise que les derniers otages étaient détenus par le terroriste touareg Abdelkrim Taleb, a déclaré une source sécuritaire malienne. L’opération s’est déroulée dans un secteur où plusieurs otages européens libérés dans le passé ont été détenus”.

L’otage sud-africain “n’était pas sur place, car il avait été déplacé depuis au moins 48 heures”, a ajouté cette source. Une source militaire onusienne au Mali a par ailleurs estimé que l’otage suédois “est probablement détenu par un autre sous-groupe d’Aqmi”.

Auteur: Jeune Afrique avec AFP
Source: http://www.jeuneafrique.com/Articleimp_ARTJAWEB20150407081941_