France: Nouveau plan de lutte contre le terrorisme

France DrapeauPlus de 1.300 postes supplémentaires sont accordés aux ministères de l’Intérieur et de la Justice.
Le budget du ministère de la Défense reste globalement stable.

Le moment est venu de commencer à financer le plan de lutte contre le terrorisme annoncé dans la foulée des attentats de janvier. Le Premier ministre, Manuel Valls, a signé un décret dit « d’avance » permettant de débloquer des crédits « en urgence », c’est-à-dire sans attendre la prochaine loi de finances rectificative « trop tardive pour permettre de réaliser les recrutements indispensables et mener à bien les investissements identifiés ».

Le plan de lutte contre le terrorisme coûtera 397 millions d’euros à l’Etat rien que cette année, indique le décret. Sur ce total, 150 millions concernent la Défense, 124 millions l’Intérieur, 108 millions la Justice, 10 millions le Quai d’Orsay et 5 millions Bercy.

Achat de nouveaux équipements pour la police et la gendarmerie, création de quartiers dédiés pour les individus radicalisés, renforcement de la sécurité des ambassades et consulats, etc. Les grandes lignes du plan de lutte ­contre le terrorisme avaient été dévoilées par Manuel Valls le 21 janvier. Le décret d’avance vient toutefois préciser les crédits attribués mission par mission ainsi que les moyens humains supplémentaires débloqués dès 2015. L’Intérieur va ainsi voir ses effectifs renforcés de 538 emplois (équivalents temps plein) cette année. Environ 780 emplois seront aussi créés dans la Justice, dont 400 dans l’administration pénitentiaire. Il s’agit notamment d’améliorer la surveillance dans les prisons. Autre exemple, 30 aumôniers vont être recrutés en plus cette année. Le décret d’avance ne donne, en revanche, pas de précisions sur les mouvements d’effectifs dans la Défense. En janvier, l’exécutif avait dit ­vouloir renoncer à supprimer 1.500 postes cette année. L’actualisation se fera dans la loi de programmation militaire cet été, mais il est acquis que le nombre de postes « sauvés » sera bien supérieur, compte tenu du maintien de l’engagement des armées sur le territoire.

Service civique élargi
Au-delà du plan de lutte contre le terrorisme, le décret d’avance vient aussi financer l’élargissement du service civique à 70.000 jeunes cette année : 61 millions d’euros de crédits sont ouverts et 10 millions sont « dégelés » de la réserve de ­précaution.

Il n’y aura pas, pour autant, de dérapage global des dépenses, Bercy annulant autant de crédits par ailleurs. Ainsi, les actions menées par la Défense dans le cadre du plan de lutte contre le terrorisme « seront financées par redéploiement » au sein même du ministère. Par exemple, via des économies sur le carburant. Le budget de la Défense reste donc stabilisé à 31,4 milliards. Au-delà, un coup de rabot est porté sur l’ensemble des ministères : de l’ordre de 30 millions de crédits sont par exemple annulés à l’Ecologie, 85 millions à l’Education nationale et à l’Enseignement supérieur (dont 63 millions dans la recherche spatiale) ou encore plus d’une dizaine au ministère des Affaires sociales ainsi qu’à l’Agriculture.

L’effort demandé aux ministères est donc loin d’être négligeable. Et il n’est pas fini. Le plan de lutte contre le terrorisme et le service civique ne comptent que pour la moitié des dépenses nouvelles annoncées par le gouvernement depuis le début de l’année. Au dernier pointage de Bercy, celles-ci totalisent 950 millions d’euros. Un « surgel » de crédits est donc d’ores et déjà prévu. Sans oublier les 3 à 4 milliards d’économies supplémentaires que Paris s’est engagé à faire avant l’été pour répondre aux recommandations de Bruxelles.

Auteur: Frédéric Schaeffer / Les Echos
Source: http://www.lesechos.fr/journal20150325/lec1_france/0204249239150-plan-de-lutte-contre-le-terrorisme-400-millions-debloques-en-urgence-1105142.php