Les visées régionales de la France au Sahel

Mali carte drapeauDéterminé à renforcer son emprise militaire sur la bande sahélo-saharienne, Paris a acquis deux drones de fabrication américaine.

Près d’un an après le déclenchement de l’opération « Serval » au Mali, Paris se prépare à « évoluer vers une logique régionale », selon les termes du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Une stratégie censée contrer la « menace de déstabilisation » que représentent toujours, dans la bande 
sahélo-saharienne, des groupes djihadistes actifs, bénéficiant du sanctuaire que leur offre le sud incontrôlé de la 
Libye post-Kadhafi. La « lutte contre le terrorisme » dans les « secteurs de fragilité » au Mali, en Libye, mais aussi au Niger ou au Tchad sert donc de justification au renforcement de l’emprise militaire française dans la région, en coopération avec Washington qui y déploie depuis 2005 son « initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme ». Dernière manifestation en date de cette stratégie, l’acquisition par la France de deux drones de surveillance de fabrication américaine, stationnés à Niamey, au Niger. « La France vient ainsi compléter de manière significative ses capacités de renseignement sur ce vaste territoire africain » et ces appareils « serviront notamment au renseignement contre-terroriste », fait valoir un communiqué du ministère de la Défense.

Dans le nord du Mali, malgré la pression militaire, les djihadistes, qui ont multiplié les attentats à la fin de l’année 2013, sont loin d’avoir déposé les armes. Lundi, la mission de l’ONU annonçait la découverte et la destruction par des soldats français et tchadiens de 5,7 tonnes d’explosifs au sud-ouest de 
Tessalit. À Kidal, où la France est 
accusée de cultiver l’ambiguïté vis-à-vis des indépendantistes touareg du MNLA et des transfuges islamistes d’Ansar Dine, la tension reste d’autant plus vive que les autorités de Bamako se sentent dessaisies.

Dans ses vœux aux Maliens, mardi, Ibrahim Boubacar Keïta a évoqué, pour 2014, le « front » du « retour total et définitif du contrôle de l’État sur l’ensemble du territoire ». Le président malien dit faire, désormais, du « cantonnement effectif » des combattants et de leur « désarmement » une « condition sine qua non » de la poursuite de pourparlers de paix pour le nord du Mali.

Auteur: R.M.

Source: http://www.humanite.fr/monde/contre-terrorisme-et-visees-regionales-556273