Un membre d’Al-Qaïda écroué à Paris

ParisVoilà un garçon au parcours étonnant. Né en 1970 à Paris, Meziche avait quitté la France, pays de son enfance, au début des années 1990 pour l’Afghanistan, bastion d’Al-Qaïda. Il avait rejoint l’Allemagne en 1993. Il y fréquentait la mosquée al-Qods de Hambourg comme certains pirates de l’air du 11-Septembre, dont Mohammed Atta. Il avait épousé la fille du prédicateur de la mosquée, Mohamed al-Fizazi, ensuite écroué au Maroc pour son rôle dans les attentats de Casablanca en 2003.

Surveillé par la police après la destruction du World Trade Center, Meziche n’a jamais été condamné dans le cadre de l’enquête qui a suivi. Il est soupçonné par les services occidentaux d’être ensuite devenu un recruteur d’Al-Qaïda en Europe dans les années 2000. Mais là encore, il n’a jamais été condamné.

En 2009, en compagnie d’apprentis jihadistes, il avait quitté Hambourg pour les zones tribales du nord-ouest pakistanais. Il aurait ensuite circulé entre l’Allemagne, l’Iran, la Syrie, le Pakistan et l’Afghanistan avant d’être intercepté dans un bus en mai 2012 avec trois autres Français dans le Baloutchistan.
Proche d’un lieutenant de Ben Laden
Ces trois Français, plus jeunes et de moindre pedigree, ont été expulsés vers la France il y a plusieurs mois. Ils sont toujours écroués.

Meziche était lié à Younis al-Mauritani, chef des opérations extérieures d’al-Qaïda, chargé «personnellement» par Oussama ben Laden de planifier des attentats aux Etats-Unis, en Europe et en Australie. La France n’était pas son théâtre d’activité mais les enquêteurs français disposent de deux leviers pour le poursuivre : des renseignements fournis par les services de renseignement allemands sur ses années outre-Rhin et d’éventuelles activités criminelles durant son séjour au Pakistan. La loi française permet en effet de poursuivre tout Français pour des crimes commis à l’étranger. Mutique durant ses seize mois de détention au Pakistan, Meziche, sans reconnaître d’activité criminelle, il a expliqué sa présence au Pakistan par son choix de «faire sa hijra», le retour en terre d’islam pour un croyant vivant dans un pays non musulman.

Auteur & source: http://www.ladepeche.fr/article/2013/10/13/1729776-al-qaida-l-un-de-ses-fondateurs-ecroue-a-paris.html