Espionnage d’Areva : l’espion suisse renvoyé en correctionnelle à l’automne

Areva LogoAprès l’enquête, le procès. Dans l’affaire d’espionnage de l’ancienne patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, et de son mari Olivier Fric, une date d’audience vient d’être fixée au 1er octobre au tribunal correctionnel de Paris. Ce jour-là, Mario Brero, enquêteur privé suisse et dirigeant de la société d’intelligence économique Alp Service doit comparaître pour «complicité de violation du secret professionnel» et «recel de violation du secret professionnel» au préjudice du mari d’Anne Lauvergeon. Il est également poursuivi pour les mêmes faits, au préjudice de Ludivine Wouters, la fille d’un ex-cadre d’Areva qui avait été espionnée.

Mario Brero a reconnu être l’auteur du rapport «Pomerol 4», commandé par des dirigeants d’Areva au printemps 2011 sur les conditions de rachat en 2007 par le groupe de la société minière UraMin qui s’est soldé par un fiasco financier. Dans ce rapport, Olivier Fric avait vu ses fadettes et ses comptes bancaires épluchés par une officine suisse. Quel est son rôle dans cette acquisition ? C’est lui qui avait transmis à Areva le CV de Daniel Wouters, embauché pour mener le rachat d’UraMin et, donc, soupçonné en interne d’escroquerie.

Faits d’espionnage

Ayant eu connaissance de ce rapport fin 2011, Anne Lauvergeon et son époux avaient déposé plainte pour faits d’espionnage et déclenché l’ouverture d’une enquête préliminaire. Lors de cette enquête Mario Bréro avait affirmé avoir été recruté, en avril 2011, par Sébastien de Montessus, ex-bras droit de Anne Lauvergeon, pour enquêter sur cette dernière et son époux afin d’établir d’éventuelles implications frauduleuses du couple dans l’achat d’UraMin. L’espion a par ailleurs indiqué que le choix des méthodes – utilisation des relevés téléphoniques et relevés bancaires d’Olivier Fric – n’avaient pas été dicté par les dirigeants d’Areva.

Entendu également lors de l’enquête, Sébastien de Montessus, qui a démissionné en mars 2012 d’Areva, a reconnu avoir commandé un rapport mais contesté avoir mentionné à l’enquêteur suisse le nom d’Olivier Fric et lui avoir demandé de recourir à des moyens illicites. «A aucun moment nous ne lui avons demandé d’enquêter sur la vie privée de personnes et encore moins d’utiliser des procédés illégaux», avait-il déclaré à la presse puis aux policiers. Aucun cadre d’Areva n’a donc été renvoyé en correctionnelle à l’issu de l’enquête préliminaire.

Auteur: Violette Lazard

Source: http://www.liberation.fr/societe/2013/05/15/espionnage-de-lauvergeon-l-espion-suisse-renvoye-en-correctionnelle-a-l-automne_903033