Mali : Abou Zeid, un des chefs d'Aqmi, aurait été tué par l'armée française

Abou ZeidL’un des principaux chefs d’Al-Qaida au Maghreb islamique aurait trouvé la mort au Mali, a rapporté jeudi la télévision algérienne Ennahar. D’après la chaîne algérienne, le chef d’Aqmi et 40 combattants islamistes auraient été tués samedi dans le massif de Tigharghar, lors d’un raid des forces françaises intervenant dans le nord du pays. Trois complices d’Abou Zeid auraient été arrêtés par les forces françaises lors du raid, selon Ennahar. Evoquant également la mort du leader d’Aqmi et de 43 de ses hommes, Le Monde cite une source fiable proche des opérations militaires en cours dans le nord du Mali.

A Paris, le ministère français de la Défense refuse pour l’instant de s’exprimer sur ce sujet et la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ne confirmait pas vendredi la mort d’Abou Zeid. Interrogée sur France 2 la ministre a déclaré: «C’est à prendre au conditionnel, nous n’avons pas de confirmation officielle». Elle ajoutait : «Nos forces sont engagées dans des opérations qui sont extrêmement dures sur le terrain, qui sont des combats sans merci. Tout compte, y compris l’information, je crois qu’il faut être extrêmement prudent avec celles que l’on a, celles que l’on répercute. Pour l’instant, ce n’est pas confirmé.»

43 hommes de la katiba d’Abou Zeid morts avec lui

Abou Zeid, selon une source proche du milieu du renseignement citée par Le Monde, a été tué samedi avec plusieurs dizaines de ses hommes. Des frappes aériennes sur la zone d’Etagho, à quelques dizaine de kilomètres d’Aguelhoc (au nord de Kidal), ont été combinées avec une offensive terrestre de troupes françaises, tchadiennes et d’auxiliaires locaux. Certains de ces derniers ont aidé à poser des dispositifs de guidage des tirs. Quarante-trois hommes de la katiba d’Abou Zeid seraient morts avec lui, ce qui témoigne de la puissance des frappes.

Présenté comme le leader d’Al-Qaida au Maghreb, Abou Zeid, de son vrai nom Mohamed Ghdiri, est un Algérien d’une quarantaine d’années. Il a commencé à faire parler de lui lors de son passage par les maquis du GSPC algérien dans les années 1990. Il était apparu pour la première fois en 2003 comme adjoint d’un autre redoutable islamiste surnommé en Algérie Abderazak El-Para.

Traqué par Alger, Abou Zeid est soupçonné d’être responsable de la mort de plusieurs otages étrangers au Sahel, notamment du Français Michel Germaneau en 2010. Il est devenu au fil des années l’émir des zones sud-sahariennes en se taillant la réputation de stratège cruel et froid. Il serait également impliqué dans l’exécution du Britannique Edwin Dyer, égorgé en juin 2009 alors que son pays refusait par principe de payer pour sa libération.

Abou Zeid détenait au moins quatre des sept otages français au Mali

Ce radicalisme a fait la fortune d’Abou Zeid. Le chef salafiste a encaissé des dizaines de millions d’euros grâce aux rançons versées par les États occidentaux pour faire libérer leurs compatriotes. Le pactole lui a permis de s’équiper en armes et en munitions, de recruter des volontaires et d’implanter durablement son réseau dans cette région avec l’aide de complicités locales. Le 2 janvier dernier, un tribunal d’Alger l’avait condamné par contumace à la prison à perpétuité pour «appartenance à un groupe terroriste international».

Aux dernières nouvelles, Abou Zeid détenait au moins quatre des sept otages français au Mali. Il s’agirait de Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret. Tous ont été employés d’Areva ou de la Satom enlevés en septembre 2010 à Arlit au Niger sur un site d’exploitation d’uranium. Les otages ont été longtemps divisés en deux groupes pour empêcher une intervention d’un commando français. Pour l’heure il est impossible de savoir si des otages français ont été touchés par les frappes qui ont tué Abou Zeid.

«Il faut espérer que les otages n’aient pas été utilisés par les ravisseurs comme boucliers humains», expliquait ce vendredi sur France Info Mathieu Guidère, spécialiste des milieux djihadistes. «Tout dépend des informations dont disposaient les militaires français lors du raid de samedi» développe cet expert. «Si la mort d’Abou Zeid est confirmée par l’armée française c’est bien la dernière tête pensante d’Aqmi qui disparaît avec lui. On peut dès lors espérer une libération très proches des otages français.»

Un réel succès pour l’armée française

L’offensive des forces tchadiennes et françaises, qui se poursuit actuellement dans le nord-est du Mali, dans la zone montagneuse de l’Adrar des Ifoghas, où se sont repliés des combattants d’AQMI et d’Ansar Eddine, a donc, peut-être, permis de mettre hors d’état de nuire l’ennemi public numéro un de Paris.

Si sa mort est bien confirmée, c’est à la fois un coup très dur pour Aqmi et un réel succès pour l’armée française. C’est aussi un point important pour François Hollande qui a fait le choix politique de lancer la chasse aux terroristes alors que, dans un premier temps, l’objectif était simplement de rétablir l’intégralité territoriale du Nord-Mali. Certains considèrent même que le rôle d’Abou Zeid dans l’organisation était tel que sa mort s’apparente pour Aqmi à celle d’Oussama ben Laden pour Al-Qaïda.

 

Auteur: LeParisien.fr
Source: http://www.leparisien.fr/international/mali-un-leader-d-aqmi-aurait-ete-tue-selon-une-tele-algerienne-28-02-2013-2606175.php